Désavouer des backlinks. Trois mots qui font l’objet d’un débat sans fin dans la communauté SEO. Pour certains, c’est l’arme secrète qui sauve un site de la noyade algorithmique. Pour d’autres, c’est une opération chirurgicale à ne pratiquer qu’en cas d’urgence absolue. La vérité ? Elle est quelque part entre les deux et elle dépend entièrement de votre situation. Voici ce que vous devez savoir avant de toucher à l’outil Disavow de Google Search Console.
Désavouer de liens, c’est quoi exactement ?
Désavouer des backlinks, c’est envoyer un signal à Google pour lui dire : « Ce lien-là qui pointe vers mon site, je n’en veux pas. Ne le prend pas en compte dans l’évaluation de mon autorité. » C’est une fonctionnalité proposée directement dans Google Search Console, et elle existe précisément parce que vous n’avez pas toujours le contrôle sur qui vous lie.
Concrètement, vous soumettez un fichier .txt contenant la liste des URLs ou des domaines a ignorer. Simple en apparence. Complexe dans l’exécution. Et surtout, aux conséquences réelles si mal utilisées.
C’est une tache pénique qui est confier à des experts SEO, spécialistes en netlinking.
Quand faut-il vraiment désavouer un backlink ?
Avant de cliquer sur quoi que ce soit, posez-vous une question fondamentale : avez-vous reçu une pénalité manuelle ? C’est le premier et le plus évident des déclencheurs.
Le cas numéro 1 : la pénalité manuelle pour liens non naturels
Si Google vous a envoyé un message dans Search Console vous signalant des « liens non naturels pointant vers votre site », vous n’avez pas le choix. Il faut agir. La procédure est la suivante :
- Exportez tous vos backlinks depuis Ahrefs, Semrush ou Search Console.
- Tentez de contacter les webmasters des sites concernes pour demander la suppression des liens.
- Compilez les liens non supprimés dans un fichier Disavow.
- Soumettez le fichier et déposez une demande de réexamen auprès de Google.
L’étape de contact direct est non négociable avant la soumission. Google veut voir que vous avez fait des efforts réels, pas que vous avez simplement cliqué sur « désavouer » en masse.
Le cas numéro 2 : une baisse de trafic inexpliquee après une mise a jour
Pas de pénalité manuelle, mais votre trafic organic a pris une claque lors d’une mise à jour Core de Google ? L’analyse de votre profil de liens peut être une piste. Si vous identifiez une proportion anormalement élevée de liens depuis des sites spammes ou des réseaux de PBN, un désaveu cible peut potentiellement aider. Mais attention, ce n’est pas une garantie. Ce n’est qu’une des nombreuses variables à considérer.
Le cas numéro 3 : vous avez achete des liens dans le passé
C’est le cas le plus délicat. Si vous avez investi dans des campagnes de netlinking peu orthodoxes et que vous voulez assainir votre profil proactivement, le désaveu est une option valide. Mais procédez avec méthode et rigueur. Jamais à l’aveugle.
Pour aller plus loin, lisez le guide de Google sur : désavouer des liens vers votre site.
Comment desavouer des backlinks correctement : le protocole
Le désaveu mal exécuté peut faire plus de mal que de bien. Voici la méthode fiable, efficace et éprouvée :
Etape 1 : L’audit complet de votre profil de liens
Exportez l’intégralité de vos backlinks depuis plusieurs sources (la diversité des outils est clé : chacun a sa propre base de données). Fusionnez les données, éliminez les doublons, et commencez la qualification lien par lien. Critères d’analyse : DR/DA du domaine source, pertinence thématique, qualité du contenu environnant, ancre utilisée, et trafic organique du site source.
Etape 2 : La tentative de suppression manuelle
Pour chaque lien identifié comme toxique, tentez de contacter le webmaster. Conservez une trace de vos tentatives (dates, emails envoyés, réponses reçues). Ces preuves peuvent être utiles en cas de demande de réexamen.
Etape 3 : La construction du fichier Disavow
Le fichier doit être au format .txt, encodage UTF-8. Vous pouvez désavouer par URL individuelle ou par domaine entier (préférable quand tout le domaine est problématique) :
- URL individuelle : https://spam-site.com/page-qui-lie-vers-moi
- Domaine entier : domain:spam-site.com
Ajoutez des commentaires avec # pour documenter vos décisions. Rappelez-vous, c’est une bonne pratique qui facilite les audits futurs.
Etape 4 : La soumission via Search Console
Rendez-vous dans Google Search Console > Liens > Désavouer des liens. Soumettez votre fichier. Google peut prendre plusieurs semaines pour le traiter. Patience obligatoire.
Quand s’abstenir : les erreurs qui coûtent cher
C’est ici que beaucoup de référenceurs se brûlent les ailes. Le désaveu n’est pas un outil de maintenance courante. Voici les situations où vous devez impérativement garder les mains dans les poches :
- Vous n’avez aucune pénalité manuelle et votre trafic est stable : le désaveu n’apporte rien.
- Vous voulez désavouer « par précaution » des centaines de liens sans analyse : c’est la recette parfaite pour saboter votre propre autorité.
- Vous n’avez pas épuisé les tentatives de suppression manuelle : Google s’attend à ce que vous ayez essayé.
- Vos liens « suspects » sont en réalité des mentions éditoriales légitimes sur des sites moins connus.
John Mueller de Google l’a dit lui-même a plusieurs reprises : pour la plupart des sites, l’outil Disavow n’est tout simplement pas nécessaire. Google est désormais suffisamment sophistiqué pour ignorer les liens de faible qualité sans que vous ayez à intervenir.
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